Pour une demande de raccordement déposée depuis le 5 juin 2026, la revente du surplus à EDF OA se fait à un tarif de rachat fixe de 1,1 c€ par kWh injecté, sans prime : une installation de particulier gagne bien plus à consommer sa production qu'à la vendre, et le contrat d'obligation d'achat de 20 ans sert surtout de filet face au prix payé au fournisseur.
Revente surplus EDF en 2026, trois repères avant de signer
- Tarif de vente unique pour toute installation photovoltaïque de 0 à 100 kWc, en vente du surplus comme en vente totale, indexé de 2 % par an.
- Plus de prime à l'autoconsommation ni d'aide à l'investissement versée par l'acheteur ; un contrat plus ancien garde ses conditions.
- Le gain se joue sur l'électricité consommée sur place : décaler les usages, piloter le chauffe-eau, ajouter un stockage par batterie, choisir la puissance des panneaux solaires selon le besoin.
La revente du surplus solaire, un mécanisme d'obligation d'achat
La revente du surplus consiste à injecter sur le réseau l'électricité photovoltaïque produite par des panneaux solaires que le foyer ne consomme pas au moment même, et à se la faire payer par un acheteur obligé dans le cadre d'un contrat d'achat. En France, l'acheteur obligé de droit commun est EDF Obligation d'Achat (EDF OA), une entité du groupe EDF distincte du fournisseur d'électricité : avoir un contrat de fourniture chez un autre fournisseur ne change rien à la vente du surplus. Sur les territoires desservis par une entreprise locale de distribution, c'est cette entreprise qui joue le même rôle.
Le principe de l'autoconsommation avec vente est simple à décrire : l'énergie solaire produite alimente d'abord les appareils de la maison, et seul ce qui reste part sur le réseau. Le compteur Linky mesure séparément l'électricité soutirée et l'électricité injectée ; aucun second compteur n'est exigé pour une petite installation. La rémunération est fixée par un arrêté tarifaire, ce qui la distingue d'une vente sur le marché où le prix spot change d'heure en heure. Ce cadre public a été pensé pour donner de la visibilité sur toute la durée du contrat, au prix d'un tarif d'achat fixé par l'État et non négocié.
Deux autres options coexistent avec la vente du surplus. La vente totale envoie toute la production solaire sur le réseau, le foyer continuant d'acheter sa consommation à son fournisseur ; elle concerne surtout les toitures de plus de 9 kWc. L'autoconsommation sans vente, enfin, laisse partir le surplus sur le réseau sans aucune rémunération, avec une simple convention signée avec Enedis.
Quel tarif de rachat pour une demande déposée en 2026 ?
Le tarif de rachat du surplus dépend de la date de la demande complète de raccordement, pas de la date de pose des panneaux photovoltaïques. L'arrêté du 1er juin 2026 a remplacé, pour les demandes déposées à partir du 5 juin 2026, l'ancien régime de l'arrêté du 6 octobre 2021 (contrats dits S21). Le centre de ressources photovoltaique.info, mis à jour le 17 juin 2026, résume la règle nouvelle : quelle que soit la puissance de 0 à 100 kWc, quel que soit le mode de vente (totalité ou surplus) et le type de bâtiment, la seule rémunération est un tarif fixe de 1,1 c€ par kWh injecté. L'arrêté, publié au Journal officiel du 4 juin 2026, précise également que ce tarif ne porte que sur l'injection nette de l'électricité autoconsommée, et que la production au-delà d'un plafond annuel égal à la puissance installée multipliée par 1 600 heures n'est pas rémunérée. Par exemple, une installation de panneaux solaires de 6 kWc a droit au tarif sur 9 600 kWh par an au plus, un volume qu'une toiture de maison n'atteint pas en France métropolitaine.
| Point du contrat | Demande avant le 4 juin 2026 (arrêté de 2021) | Demande depuis le 5 juin 2026 |
|---|---|---|
| Tarif d'achat du surplus | grille trimestrielle par tranche de puissance, figée au trimestre de la demande | 1,1 c€/kWh injecté, de 0 à 100 kWc |
| Prime à l'autoconsommation | oui, selon le barème du trimestre | supprimée |
| Indexation | coefficient L calculé chaque année sur des indices INSEE | +2 % par an |
| Durée du contrat d'achat | 20 ans | 20 ans, installation achevée moins de 24 mois après la demande |
Comment évolue le tarif de vente sur vingt ans ?
Le tarif de vente d'un contrat signé sous le nouveau régime progresse de 2 % chaque année : 1,1 c€/kWh la première année, 1,12 c€ la deuxième, 1,31 c€ la dixième et 1,60 c€ la vingtième, selon le calcul publié par photovoltaique.info. Pour fixer un ordre de grandeur à partir de ce tarif officiel, 1 000 kWh injectés la première année rapportent onze euros. Le montant reste donc modeste comparé au prix de l'électricité achetée au fournisseur, et c'est ce rapport qui guide désormais le dimensionnement.
Un contrat signé avant juin 2026 garde-t-il son tarif ?
Un contrat d'achat signé sous l'arrêté de 2021 conserve son tarif de rachat et sa prime pour toute sa durée de vingt ans : la réforme de 2026 ne s'applique pas rétroactivement. Les conditions et leur évolution restent publiées dans la rubrique des anciens arrêtés tarifaires. Un particulier qui avait déposé sa demande complète de raccordement avant le 4 juin 2026 mais dont la pose traîne doit surtout surveiller le délai d'achèvement inscrit dans son contrat, faute de quoi la durée de la rémunération peut être réduite.
La prime à l'autoconsommation, une aide qui a disparu
La prime à l'autoconsommation était une aide à l'investissement versée par EDF OA aux installations en autoconsommation avec vente du surplus, sur la première année pour les petites puissances ou en fractions sur cinq ans au-delà de 36 kWc. Elle n'existe plus pour les demandes déposées depuis le 5 juin 2026 : le tarif fixe est devenu la seule rémunération. Toute simulation qui l'intègre encore pour un projet de 2026 surestime la rentabilité.
Les autres aides au photovoltaïque n'ont pas toutes le même sort. Le crédit d'impôt pour les panneaux solaires a disparu depuis longtemps pour les particuliers, et les primes liées aux économies d'énergie ne financent pas une installation de production d'électricité. La TVA réduite et les aides locales de certaines collectivités restent à vérifier projet par projet, sur le site de la collectivité ou auprès d'un conseiller France Rénov'.
Les conditions d'une installation photovoltaïque éligible au contrat d'achat
Une installation photovoltaïque n'accède à l'obligation d'achat que si elle remplit les conditions fixées par l'arrêté. Le cadre décrit par photovoltaique.info retient notamment :
- une implantation sur bâtiment, hangar ou ombrière, les centrales solaires au sol relevant d'autres dispositifs comme l'appel d'offres ;
- une puissance cumulée, notée P+Q, inférieure ou égale à 100 kWc sur un même site d'implantation, limite en vigueur depuis le 22 septembre 2025 ;
- une pose réalisée par un installateur titulaire d'une qualification ou d'une certification professionnelle, en pratique la mention RGE QualiPV pour le résidentiel ;
- des panneaux et onduleurs neufs, ou remis en état avec une garantie de fonctionnement de 20 ans ;
- une attestation sur l'honneur signée par le producteur, qui certifie le respect de ces conditions.
Pour un particulier, la puissance d'une maison se situe le plus souvent entre 3 et 9 kWc, très en dessous du plafond. L'option de passer en cours de contrat de la vente du surplus à la vente totale, ou l'inverse, n'est ouverte qu'aux installations de plus de 9 kWc, selon les conditions de modification publiées. Un professionnel ou une entreprise qui équipe un bâtiment agricole ou un entrepôt peut viser plus grand, mais au-delà de 100 kWc la rémunération passe par d'autres mécanismes.
De la demande de raccordement à la mise en service, les étapes
La revente du surplus à EDF OA suit une démarche en plusieurs étapes, et c'est la première qui fixe le tarif applicable. L'ordre ci-dessous est celui décrit par Enedis et EDF OA pour une petite installation solaire :
- Déclaration préalable de travaux en mairie pour la pose d'un panneau ou d'un champ de panneaux en toiture, avant le début des travaux ; cette déclaration est gratuite et le silence de la mairie vaut en général accord au bout d'un mois.
- Demande complète de raccordement auprès d'Enedis, souvent déposée par l'installateur avec un mandat ; sa date fixe le régime tarifaire. Le détail de ce dossier figure dans la page sur les démarches de raccordement Enedis étape par étape.
- Pose des panneaux, de l'onduleur ou des micro-onduleurs, puis attestation de conformité visée par le Consuel.
- Mise en service par Enedis, qui programme le compteur Linky en mode production.
- Demande de contrat d'achat à EDF OA depuis son espace en ligne, avec le numéro de contrat de raccordement ; le contrat prend effet à la date de mise en service.
Le délai entre la demande et la mise en service varie selon la charge d'Enedis et le besoin éventuel de travaux sur le réseau. Le contrat d'achat de 20 ans n'est garanti en totalité que si l'installation est achevée moins de 24 mois après la demande complète de raccordement : un chantier reporté plusieurs fois peut amputer la durée de rémunération.
Facturer la vente de l'électricité à EDF OA
Contrairement au consommateur qui reçoit la facture de son fournisseur, le producteur facture lui-même la vente de l'électricité à EDF OA. Pour un contrat S21 de 36 kWc ou moins, la facturation de la production se fait une fois par an, à la date anniversaire de la prise d'effet du contrat ; entre 36 et 100 kWc, elle est semestrielle. EDF OA met en ligne un espace producteur et une facture électronique simplifiée : le producteur y saisit ses index de production, l'outil applique le tarif indexé et génère la facture, puis le paiement arrive par virement.
Le compte producteur fonctionne même sans compétence comptable, mais quelques règles évitent les rejets. La facture ne doit pas porter de TVA, que le producteur y soit assujetti ou non, car c'est l'acheteur obligé qui la reverse à l'État. Les index doivent correspondre à ceux du compteur à la date anniversaire. Les revenus de la revente du surplus d'une petite installation de particulier relèvent d'un régime fiscal spécifique, présenté par le centre de ressources dans sa synthèse selon le statut du producteur : selon la puissance du panneau solaire installé et le statut du foyer, le revenu tiré de l'injection est exonéré ou imposable, et les frais de raccordement ne se traitent pas de la même manière. Avec un tarif aussi bas, le revenu imposable éventuel reste faible, mais il se déclare chaque année jusqu'à la fin du contrat.
Autoconsommer, stocker ou revendre : quel arbitrage avec un tarif à 1,1 c€ ?
Avec un tarif de rachat à 1,1 c€/kWh, chaque kilowattheure solaire consommé sur place évite l'achat d'un kilowattheure au prix du fournisseur, taxes comprises, soit une valeur sans commune mesure avec celle de la vente du surplus. La rentabilité d'une installation de panneaux dépend donc du taux d'autoconsommation bien plus que de la revente. Les leviers sont connus : programmer le chauffe-eau, le lave-linge ou la recharge d'un véhicule pendant les heures de production, et ajouter un routeur qui oriente l'excédent vers le ballon d'eau chaude.
| Usage du surplus | Ce que rapporte le kWh | Coût d'équipement | Pertinent quand |
|---|---|---|---|
| Revente du surplus à EDF OA | 1,1 c€, indexé de 2 % par an | aucun | le surplus reste inévitable, en été ou en semaine |
| Routeur vers le chauffe-eau | le prix d'achat évité | faible | ballon électrique et production l'après-midi |
| Batterie de stockage | le prix d'achat évité, moins les pertes | élevé | consommation surtout le soir |
| Injection sans vente | rien | aucun | kit solaire de faible puissance |
Le stockage mérite un calcul honnête : une batterie de stockage domestique déplace la production du jour vers le soir, mais son prix et sa durée de vie la rendent rentable surtout pour les foyers absents en journée. À l'inverse, dimensionner les panneaux photovoltaïques au plus près de la consommation diurne évite de produire beaucoup d'énergie vendue presque pour rien. Une offre commerciale qui chiffre encore la revente du surplus avec un ancien tarif ou une prime disparue doit être recalculée avant de signer. L'avantage d'un panneau bien orienté plein sud se mesure aujourd'hui en kilowattheures consommés à la maison, pas en kilowattheures vendus : c'est la sobriété énergétique du foyer, plus que la puissance installée, qui fait la rentabilité.
Vendre son surplus sans EDF OA ou sans installateur qualifié
EDF OA n'est pas le seul débouché pour revendre son surplus, mais c'est le seul qui offre un tarif garanti par arrêté. Certains fournisseurs d'électricité proposent de racheter le surplus de leurs clients dans le cadre d'un contrat de gré à gré, avec un prix fixé par leur offre et révisable : comparer la durée d'engagement, la règle de révision du prix et les conditions de sortie avant de choisir. L'autoconsommation collective permet aussi de partager la production d'un toit entre voisins ou entre les lots d'une copropriété, dans un périmètre géographique limité, par l'intermédiaire d'une personne morale organisatrice.
La revente sans artisan RGE ne passe pas par l'obligation d'achat, puisque la pose par un professionnel qualifié fait partie des conditions du contrat. Un kit solaire posé soi-même peut en revanche être déclaré à Enedis en autoconsommation sans vente : le surplus part alors sur le réseau sans rémunération. Pour un petit kit branché sur une prise, ce surplus reste faible et la question de la revente ne se pose presque pas ; l'enjeu est la sécurité électrique et la déclaration. Un kit solaire de un ou deux panneaux, posé sur un balcon ou au jardin, cède ainsi son excédent gratuitement au réseau : le kit se rentabilise uniquement par l'électricité qu'il fait économiser, et l'installer face aux usages de la journée reste le premier réglage.
Contrat EDF OA et surplus solaire, les cas particuliers
Faut-il être client EDF pour vendre son surplus à EDF OA ?
Non : EDF Obligation d'Achat achète le surplus quel que soit le fournisseur d'électricité du foyer. Le contrat de fourniture et le contrat d'achat sont deux contrats indépendants, et changer de fournisseur n'a aucun effet sur la vente du surplus.
Peut-on passer de la vente du surplus à la vente totale en cours de contrat ?
Le changement de mode de vente est possible pendant le contrat d'achat pour les installations de plus de 9 kWc, selon les conditions de modification publiées par EDF OA. En dessous de 9 kWc, le mode choisi à la demande reste celui du contrat.
Quand le tarif de 1,1 c€ s'applique-t-il à un projet de 2026 ?
Le tarif fixe de 1,1 c€/kWh s'applique à toute demande complète de raccordement déposée à partir du 5 juin 2026, pour une installation de 0 à 100 kWc. Une demande déposée avant le 4 juin 2026 reste sous l'arrêté de 2021, avec la grille du trimestre de la demande et la prime à l'autoconsommation.
La revente du surplus rapporte-t-elle encore assez pour justifier des panneaux ?
La revente du surplus ne justifie plus à elle seule une installation de particulier : à 1,1 c€/kWh, elle couvre une fraction minime de l'investissement. Le projet se justifie par l'électricité consommée sur place, ce qui suppose une production calée sur les usages de la journée.
